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Evaluation des itinéraires techniques

Afin d'évaluer les itinéraires techniques, des études sont en cours sur l'ACV (Analyse du Cycle de vie) d'un produit, prenant en compte les différents paramètres de la plantation de la vigne au produit final. Dans le cadre du plan Écophyto, les réseaux des fermes DEPHY participent également à cette évaluation. Pour retrouver celles du Loir-et-Cher, cliquer ici.

La thèse de doctorat de Renaud-Gentié C. est disponible à propos de l'Éco-efficience des itinéraires techniques viticoles.

Vinodrone : Viticulture de précision par analyse d'images et de données issues de drones

Le vignoble est l'un des éléments emblématiques du patrimoine de la région Centre-Val de Loire. Aujourd'hui, il est confronté à des préoccupations sanitaires grandissantes sur l'échelle régionale et nationale. 
Les pathologies de la vigne génèrent de sérieux problèmes économiques et environnementaux, mettant l'activité viticole de plus en plus en difficulté. L'utilisation des produits de traitement, qui permet de sécuriser la productivité, a des répercussions néfastes et dommageables sur les écosystèmes. Le plan ECOPHYTO, qui a pour objectif d'accompagner les professionnels dans une utilisation raisonnée des intrants, témoigne de cette prise de conscience.
Actuellement, nous sommes donc confrontés à une équation difficile, où il faut garantir la productivité, tout en réduisant l'impact environnemental des produits de traitement.

     

L'utilisation des nouvelles technologies (capteurs, drones...) est une démarche prometteuse pour répondre à ce problème. Bien que ces technologies aient connu un développement rapide dans l'agriculture pour les aspects de fertilisation, d'irrigation... la détection et le suivi des maladies, ainsi que la minimisation de l'impact des intrants (phytosanitaires...) sont très peu développés.

VINODRONE, qui prône une agriculture de précision, ambitionne de mettre en oeuvre un outil pour détecter automatiquement des zones sensibles (maladies) et suivre l'état sanitaire du vignoble. Pour cela, sera développée une méthodologie originale basée sur l'imagerie par drone, couplée à des analysés de terrain afin d'extraire des informations pertinentes sur l'état des vignobles, pour l'aide à la décision.

Partenaires : CITERES, ISTO, BBV, IFV, CA41, Scanopy, Cybeletech

Crédit photo : vinOpôle Centre-Val de Loire
Crédit photo : vinOpôle Centre-Val de Loire

Optidose : validation du modèle de l'IFV pour l'adaptation des doses d'anti-mildiou et oïdium

En France, la dose d'homologation des produits phytosanitaires est déterminée pour un volume foliaire maximum et une pression sanitaire importante. En début de campagne, lorsque la vigne est peu développée, les viticulteurs réduisent les quantités appliquées approximativement. Dans le cadre du plan Ecophyto, le modèle Optidose développé par l'IFV permet de quantifier la dose de produit appliquée au volume foliaire et à la pression sanitaire mildiou et oïdium par rapport au stade de la vigne.

En Loir-et-Cher

Dans le cadre des fermes DEPHY du Loir-et-Cher, le modèle Optidose est utilisé à l'échelle de l'exploitation. Des interrogations subsistent en cas de symptômes. Pour pouvoir juger de l'efficacité des traitements même à dose réduite, un témoin pleine dose a été appliqué sur 3 exploitations.

En 2014, année de forte pression mildiou, il y a eu significativement plus de symptômes de mildiou et de black-rot sur feuilles dans la partie Optidose que dans la partie traitée pleine dose mais il n'y a pas eu de dégâts sur grappes hormis sur une parcelle où la pression a été très forte et la qualité de pulvérisation d'un pendillard insuffisante. La réduction des doses appliquées a donné un résultat jugé satisfaisant par les viticulteurs. La pression oïdium a cependant été insuffisante sur les parcelles comparant Optidose et pleine dose. En 2014, l'absence de symptômes d'oïdium ne permet pas de valider le modèle.

     

En Indre-et-Loire

Optidose pour le Mildiou est testé depuis 2011 en Indre-et-Loire. En 2011, les fermes des lycées viticoles d'Amboise et de Fondettes ont testé avec succès la pratique (années de faible pression). Ensuite ces deux fermes ainsi que huit autres se sont inscrites dans le réseau de fermes de références Dephy. Il s'agit du premier levier qui a été mis en place par les vignerons. C'est le levier qui a mobilisé le plus de fermes (100% des fermes ont mis en pratique au moins une fois Optidose).

En 2011, nous avions pu faire jusqu'à 50% d'économie de produit par rapport à des passages 100% Doses Homologuées. Mais depuis 2012, nous connaissons des années pluvieuses à forte pression, l'économie a donc été plus limitée de 20 à 30% en moyenne avec 100€ d'économie en moyenne à l'hectare.

Les résultats depuis 2012, sont très concluants pour Optidose à condition d'être équipé d'un pulvérisateur face par face. Le suivi hebdomadaire nous a permis de valider la pratique d'Optidose chez 8 vignerons sur trois années. Le modèle Optidose est validé pour la gestion du mildiou.

Le modèle pour l'Oïdium a été testé sur deux fermes de l'ouest en 2014 avec 35% d'économie de produits. Aucun problème d'état sanitaire après comptage. Les IDM n'ont pas été sous dosés par crainte des résistances. Seul le soufre a été sous dosé. Les observations sont poursuivies en 2015.

Contacts :
Alice REUMAUX
- Conseillère viticole-œnologue à la Chambre d'agriculture du 41 - alice.reumaux(at)loir-et-cher.chambagri.fr
Adeline MALLET - Conseillère viticole-œnologue à la Chambre d'agriculture du 37 - adeline.mallet(at)cda37.fr   

Mildium : modèle de l'INRA visant à réduire le nombre de passages d'anti-mildiou et oïdium

L’objectif de Mildium (modèle développé par l’INRA) est de limiter le nombre de passages contre le mildiou et l’oïdium en se basant sur des traitements obligatoires et des traitements optionnels. Les traitements optionnels sont raisonnés en fonction du niveau d’infestation Mildiou et Oïdium défini par 4 stades d’observations, le niveau de risque local donné par la Modélisation et les prévisions météorologiques.

Vignoble de Loir-et-Cher

Mildium a été testé 3 années sur une parcelle de Gamay avec un historique de contamination oïdium. En 2014 la modélisation MILDIUM a permis une réduction des IFT (Indice de Fréquence de Traitement) de 61 % par rapport à la modalité viticulteur sans perte de récolte. Un anti-mildiou optionnel a été positionné en plus à cause de la pression sanitaire. Il n’y a pas eu de différence significative entre les symptômes sur la partie Mildium et celle avec le programme viticulteur malgré la forte pression mildiou du millésime. En 2013, le gain en IFT a été de 57% sans dégâts sur grappes avec 2 anti-mildious optionnels. Les symptômes de mildiou mosaïque de fin de saison n’ont pas entraîné de retard de maturité. Le modèle Mildium donne des résultats satisfaisants permettant une réduction importante du nombre de passages. Néanmoins sa mise en œuvre est difficile et nécessite un temps d’observation important par un technicien.

     

Vignoble d'Indre-et-Loire

Mildium est testé depuis 2011 en Indre-et-Loire sur 4 fermes du réseau Dephy. Le choix a été fait avec les vignerons d’utiliser le protocole Mildium pour maîtriser la lutte contre l’oïdium. Le souhait étant de limiter à 2 passages les traitements. Les parcelles avec un fort historique oïdium ont décroché.

En 2011, Mildium avait été testé au lycée viticole d’Amboise sur une parcelle à fort historique oïdium. La parcelle fut fortement impactée par l’oïdium. Après prélèvement et analyse d’organes touchés, il a été constaté une résistance aux strobilurines. Le protocole comprenait une application avec cette matière active, ce qui explique l’échec de cet essai.

 E2013, un vigneron du réseau Dephy en AOC Bourgueil a émis le souhait de tester le protocole sur son exploitation. Confiant sur la stratégie et sur le suivi technique assuré par l’ingénieur réseau, il a pratiqué  Mildium en 2013 et 2014 sur 6 ha de son exploitation avec succès (cépage Cabernet franc uniquement). Suite à cela, en 2014, deux autres vignerons du réseau Dephy ont à leur tour mis en place mildium sur une partie de leur exploitation. La même année, trois cépages du département ont été testés : Chenin, Cabernet franc et Cabernet sauvignon. Les résultats ont été encore une fois très satisfaisants pour le Chenin et le Cabernet franc. Le Cabernet sauvignon étant une parcelle à historique oïdium important, l’essai n’a pas fonctionné. Les essais ont été reconduits avec les mêmes vignerons en 2015.

Contacts :
Alice DURAND-REUMAUX
- Conseillère viticole-œnologue à la Chambre d'agriculture du 41 - alice.reumaux(at)loir-et-cher.chambagri.fr
Adeline MALLET - Conseillère viticole-œnologue à la Chambre d'agriculture du 37 - adeline.mallet(at)cda37.fr